Plongée dans le scandale du Médiator où deux mois après un procès long de six mois dont le verdict a laissé toutes les parties sur leur faim, Irène Frachon « la mémoire de cette affaire » comme elle se définit, revient en compagnie de Denis Robert sur l’origine de ces morts et de ces souffrances sur ordonnances.

Le 25 novembre 2009, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des produits de santé annonce la suspension de l’autorisation de mise sur le marché d’un médicament. Il s’agit du Médiator, commercialisé depuis plus de trente ans, alors consommé quotidiennement par près de 300 000 français. Cette décision fait suite à la révélation d’une toxicité grave directement liée au médicament : une atteinte des valves du coeur, aux conséquences parfois mortelles.

Les premiers éléments laissant suspecter la possibilité d’une telle toxicité remontent à 1997 ; date à laquelle un médicament très proche, le coupe-faim Isoméride, est interdit pour les mêmes raisons.

Médecin, j’ai été pendant vingt ans témoin puis acteur de cet épisode dramatique. J’ai pris la décision de raconter la chronique des événements auxquels j’ai pris part. Je pense qu’il est de mon devoir de citoyen de témoigner de ce que j’ai vécu, de la manière la plus factuelle possible, afin de permettre à chacun de découvrir le dessous des cartes, les rouages aboutissant aux prises de certaines décisions de santé publique en France ” Irène Frachon

« Ce jugement est une copie de juriste qui ne veut pas prendre en compte l’ampleur du drame et des préjudices. Le sens de la justice a été oublié » énonce Irène Frachon dans ce numéro 3 de Zoom

Arrière où la lanceuse d’alerte du scandale du Médiator revient sur 14 années de bataille et un procès où la tromperie aggravée des laboratoires Servier a été reconnue, mais pas l’escroquerie.

Ni la liste des 3000 morts liées à la prise d’un coupe faim soit disant inoffensif. « On accouche d’un jugement presque barbare si on regarde ce qu’ont enduré les gens » explique la fille de Brest, comme l’a surnommée Emmanuelle Bercot dans un film de cinéma éponyme sorti en 2015.

Dans la vidéo ci-dessus, pendant plus d’une heure, elle raconte le management très particulier de Servier qui continue à nier avoir vendu un médicament mortel, malgré la disparition de de son fondateur en avril 2014 et la litanie des morts et des victimes aux poumons atrophiés. « L’obsession des cadres de la firme étaient la peur du déremboursement et la perte du chiffre d’affaires. On est face à une véritable secte où personne ne s’intéresse à la sécurité du patient. » jette sans jamais mollir la pneumologue.

La douleur et la colère paraissent intactes voire décuplées pour elle, surtout depuis que le parquet de Paris a fait appel du jugement. C’est la promesse d’un nouveau procès qui pourrait enfin solder les comptes, clore le combat et apaiser les âmes.


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