L’Ancien et le Nouveau Testament ponctués d’incantations, quelques récits anciens, des remèdes médicinaux et des formules magiques, voici la table des matières du Codex Gigas.

Aussi appelé Bible du Diable, l’ouvrage haut de 97 centimètres et pesant près de 75 kilos est le plus grand manuscrit médiéval connu. Entouré de légendes sinistres, malgré des décennies d’études, les chercheurs n’ont su déterminer ni par qui ni pourquoi un ouvrage d’une telle envergure a été réalisé.

Au Moyen-Âge, il était considéré comme la huitième merveille du monde. Une des pages les plus fascinantes et les plus controversées est celle du portrait en pied du diable. Page 290, vêtue de son pagne en hermine, langue bifide pendante et griffes vermillon, c’est l’un des plus grands portraits connus de Satan. C’est cette page qui aura valu son nom de « Bible du Diable » à l’ouvrage. Petit bonus des plus dérangeants, la page présentant le portrait est la seule à porter des taches sombres…

En plus d’une Bible complète et annotée d’incantations violentes probablement destinées à la pratique de l’exorcisme, la « Bible du Diable » comprend les « Étymologies » d’Isidore de Séville, l’« Ars medicinea », qui était le manuel de médecine le plus utilisé au Moyen-Âge, une Chronique des Bohémiens datant du XIIe siècle et signée de Cosmas de Prague, un calendrier des jours des saints ainsi que deux œuvres de Flavius Josèphe.

D’après le documentaire de la National Geographic (ci-dessus), le travail de calligraphie est si régulier qu’il ne pourrait être l’œuvre que d’un seul scribe. Et pourtant, au vu de la somme de travail qu’un tel ouvrage représente, cela semble impossible. Il aurait fallu garder la même vigueur et la même santé pendant plusieurs décennies, ce qui à l’époque paraît improbable.

Les légendes ancestrales émettaient d’autres hypothèses. Il était dit que le Codex Gigas avait été calligraphié par un seul moine bénédictin, Hermann le Reclus, qui aurait vendu son âme au diable pour sauver sa vie.

En 1230, après avoir commis un péché innommable, il est condamné à être emmuré vivant par ses frères du couvent de Podlazice en Bohême (l’actuelle République tchèque).

Pour échapper à sa mort lente, le voilà à promettre qu’il écrira un ouvrage si titanesque qu’il fera la renommée de l’institution, et le tout en une seule nuit. À minuit, les mains engourdies par son ouvrage, désespéré et sentant la mort arriver, il passe un pacte avec l’ange déchu.

Si l’écriture de l’Évangile aurait été guidée par la main de Dieu, celle du le Codex Gigas lui, aurait bénéficié de celle du diable.

Le mystérieux manuscrit est aujourd’hui conservé à la bibliothèque royale de Stockholm en Suède où il est protégé par un voile sur mesure, le gardant à l’abri de la lumière. Bien que sa consultation soit limitée et réservée aux chercheurs, il est possible de découvrir l’ouvrage numérisé dans son ensemble sur le site de l’établissement.


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