Les événements du 8 janvier à Brasilia ont été comparés dans un magazine français au mouvement des gilets jaunes.

Le Brésil va-t-il devenir une dictature marxiste qui ne dirait pas son nom ?

PAR GUY MILLIÈRE LE 15 JANVIER 2023


Comparaison ridicule. Le mouvement des gilets jaunes était une réaction de désespoir de Français appauvris et confrontés à l’arrogance méprisante d’un gouvernement et d’un Président.

Les Brésiliens de Brasilia sont confrontés au résultat d’une élection qu’ils pensent litigieuse et au retour au pouvoir d’un criminel marxiste.

Une comparaison plus pertinente a été faite, et elle a mis en parallèle ce qui s’est passé à Brasilia avec ce qui s’est passé le 6 janvier 2021 à Washington, DC. L’analyse qui a été énoncée dans les grands médias français concernant ce qui s’est passé le 6 janvier 2021, cela dit, a été, et reste, basée sur la propagande démocrate américaine et est totalement erronée, et je donne dans mon livre Après la démocratie tous les éléments factuels montrant qu’elle est non seulement totalement erronée, mais profondément délétère.

Il y a eu le 6 janvier 2021 à Washington une manifestation pacifique d’un million de personnes demandant le respect du suffrage universel et de la démocratie, suite à des fraudes électorales avérées en novembre 2020, et à la scandaleuse inertie de la justice, puis un piège mis en place par les Démocrates a conduit à l’entrée de huit cent personnes (moins d’un manifestant sur mille) dans le Capitole, à l’invitation de policiers du Capitole et d’agents provocateurs, et à l’incrimination aussitôt après de Donald Trump et de ses partisans, traités de “terroristes intérieurs” voulant abolir la république et installer la dictature.

Et l’administration Biden qui s’est mise en place ensuite a fait régner rapidement un climat de terreur parmi les partisans de Donald Trump, en a arrêté plus d’un millier, les a fait jeter au secret dans une prison de haute sécurité, en a fait condamner des centaines à des peines de prison très disproportionnées (avoir manifesté devant le Capitole a pu valoir des condamnations pour atteinte à la sécurité du pays).

L’administration Biden accuse jusqu’à ce jour les soutiens de Trump d’incarner un “danger fasciste”, et s’emploie à tenter d’éliminer Trump de la vie politique en disant que c’est tout à la fois un fasciste et un criminel, et en faisant de la justice une justice politique au service du Parti Démocrate. J’ai déjà expliqué tout cela, et les détails figurent dans Après la démocratie ?

Au Brésil, il y a eu des manifestations pacifiques pendant plus de deux mois de gens demandant le contrôle et la vérification des résultats de l’élection présidentielle d’octobre 2022 en raison de soupçons de fraude électorale qui semblent fondés, comme aux Etats-Unis, et comme aux Etats-Unis, le contrôle et la vérification n’ont pas eu lieu bien qu’ils soient prévus par la loi, des manifestants se sont rendus devant le siège des institutions gouvernementales et juridiques à Brasilia (aux Etats-Unis, c’était devant le Capitole).

Des agents provocateurs ont brisé des vitres et incité des manifestants à entrer dans le parlement, le palais présidentiel et la Cour Suprême. Quelques centaines sont entrés, pas davantage : une minorité, comme aux Etats-Unis. Il y a eu des dégâts. Aucun blessé. Des manifestants entrés dans les bâtiments se sont pris en photo, signe qu’ils étaient très dangereux !

Lula da Silva, qui n’était pas à Brasilia (tous les bâtiments étaient vides), a utilisé le même vocabulaire que les membres de l’administration Biden et Biden lui-même : terroristes, fascistes. Et il se met en place un climat de terreur. Plus de mille personnes ont été enfermées dans un gymnase pendant vingt-quatre heures, sans eau, sans nourriture. De nombreuses arrestations ont eu lieu, sans motif, dans des lieux parfois très éloignés de Brasilia, dont celles de journalistes. L’arbitraire et la répression s’installent.

L’administration Biden a fait tout ce qu’elle a fait au nom de la démocratie, qu’il fallait “sauver” bien sûr. Les Américains arrêtés, mis au secret, condamnés à des peines très disproportionnées, en violation de leurs droits constitutionnels peuvent voir leurs droits constitutionnels violés et se trouver traités comme ils le seraient dans une dictature, puisqu’il s’agit de “sauver la démocratie” et d’”éviter le fascisme”.

Nul ne sait ce qui va arriver aux personnes arrêtées au Brésil, mais au vu de ce dont on les accuse, on peut craindre le pire, et si le pire survient, ce sera sans aucun doute pour “sauver la démocratie” et ”éviter le fascisme”…

Lula da Silva avait été condamné à de lourdes peines de prison pour corruption et détournement de fonds, et il a été libéré pour vice de forme dans le jugement par un juge très politique, puis autorisé à se présenter à l’élection présidentielle, bien qu’un criminel condamné, selon la loi brésilienne ne puisse normalement pas se présenter à une élection. Il jouit présentement d’un soutien unanime.

Vladimir Poutine et Xi Jinping le soutiennent avec ardeur. De la part de Xi Jinping, c’est logique. Lula a été massivement corrompu par la Chine.

Nicolas Maduro, le dictateur vénézuélien le soutient aussi, tout comme le régime communiste castriste à Cuba.

L’administration Biden et Biden lui-même le soutiennent, et William Burns, directeur de la CIA nommé par Biden s’est rendu au Brésil.

Justin Trudeau, Emmanuel Macron, Olaf Scholtz, soutiennent Lula avec la même ardeur que Vladimir Poutine et Xi Jinping.

Tous ces gens utilisent le même discours que Lula sur ce qui s’est passé à Brasilia.

Jair Bolsonaro, président du Brésil jusque voici quelques jours est en Floride. Certains représentants démocrates demandent son expulsion vers le Brésil et disent qu’il devrait être en prison. Pourquoi ? Parce qu’il est d’”extrême droite”, disent-ils. Ils disent aussi depuis longtemps que Trump est d’extrême droite et en disent autant de Binyamin Netanyahou et de son nouveau gouvernement en Israël.

Jair Bolsonaro, ajoutent-ils, est même soutenu par le courant évangélique au Brésil : c’est un Chrétien ! Imaginez l’horreur ! Nul ne devrait ignorer que les Chrétiens sont des gens dangereux, à la différence des marxistes, qui sont doux et gentils. Toujours. Partout.

Bolsonaro avait, comme Trump en 2020, parlé de risques de fraude plusieurs mois avant l’élection, et William Burns à l’époque lui avait quasiment intimé l’ordre de se taire, et lui avait dit qu’il n’y aurait pas de fraudes du tout, et qu’il le savait. Des mois à l’avance.

Quand Donald Trump avait évoqué des risques de fraude plusieurs mois avant les élections de novembre 2020, les Démocrates lui avaient répondu qu’il n’y aurait pas de fraudes du tout. Ils le savaient déjà. Ils disaient en parallèle que lorsque Trump serait battu, il dirait qu’il y a eu des fraudes et qu’il faudra l’expulser de force de la Maison Blanche. Ils savaient donc que Trump serait battu et qu’il dirait qu’il y a eu des fraudes. Des mois à l’avance !

Le Brésil est le plus grand pays d’Amérique du Sud. Quasiment toute l’Amérique du Sud est désormais aux mains de dirigeants marxistes. Si Maduro est le seul dictateur, dans les autres pays aux mains de dirigeants marxistes, la démocratie est très chancelante, mais c’est “pour sauver la démocratie” que des marxistes la font chanceler, donc tout va bien.

J’ai même vu une Démocrate dans une émission de télévision française dire que le but de l’insurrection du 6 janvier au Capitole à Washington était d’assassiner Nancy Pelosi et Mike Pence : pas un seul de ceux qui sont entrés dans le Capitole n’était armé, pas un seul n’a montré la moindre intention agressive, mais les Démocrates ne se gênent jamais pour mentir et pour accuser leurs adversaires des pires ignominies. Pour la gauche, les adversaires politiques de la gauche sont des ennemis à éliminer par tous les moyens, pas des adversaires.

Des commentateurs en France ont dit qu’au Brésil, la vie de Lula avait été mise en danger. Il n’était pas à Brasilia. Aucun des manifestants de Brasilia n’était armé. Aucun. Il y a eu des dégradations, mais pas la moindre menace sur une personne, non.

Des commentateurs aux Etats-Unis et en France ont dit qu’il y avait eu une “tentative de coup d’Etat”.

Des gens sans armes, qui ne menacent personne, qui n’arrêtent personne et qui sont vite arrêtés eux-mêmes par la police seraient donc censés avoir voulu faire un coup d’Etat!

C’est une nouvelle définition du coup d’Etat. Autrefois, un coup d’Etat, c’était une prise de pouvoir par les forces armées, et c’était très organisé, et on procédait à l’arrestation des dirigeants du pays. On nommait un dictateur pour prendre le pays en main. Là, rien de tout cela.

Cette nouvelle définition du coup d’Etat est inquiétante, tout comme la définition donnée de l’extrême droite : des commentateurs en France ont dit que Jair Bolsonaro avait privatisé de nombreuses entreprises publiques, laissé libre cours au capitalisme, autorisé le port d’armes, comme aux Etats-Unis, se disait inspiré par les institutions américaines, et était un “ultra libéral” et un fasciste.

Il y a donc maintenant un “fascisme ultra-libéral” reposant sur la privatisation d’entreprises d’Etat, sur le capitalisme, sur une autorisation du port d’arme comme aux Etats-Unis, sur une inspiration prise dans les institutions américaines ! Intéressant.

Il va sans doute être possible, au rythme où vont les choses, et si rien ne vient arrêter les tendances qui se dessinent, de mettre en place des régimes de parti unique emprisonnant leurs opposant politiques et les journalistes osant être en désaccord avec le parti unique, et on appellera ça la démocratie ! On dira que ceux qui protestent sont “fascistes”, surtout s’ils sont libéraux économiquement et politiquement.

Et comme dans le 1984 de George Orwell, la dictature sera la démocratie et la démocratie la dictature : la répression arbitraire, ce sera la liberté ; la suppression de la liberté de parole, ce sera la liberté de parole.

Aux Etats-Unis, Donald Trump demande le respect de la Constitution et un retour au fonctionnement des élections tel qu’il existait il y a une trentaine d’années, aux fins de rétablir la confiance dans le suffrage universel. Il demande aussi le retour à une justice qui ne soit pas une justice politique et à un FBI qui ne soit pas une police politique. C’est, bien sûr, la preuve qu’il veut abolir le suffrage universel, détruire la justice et détruire le FBI. CQFD.

Au Brésil, Jair Bolsonaro demande le respect de la Constitution, un retour au fonctionnement des élections tel qu’il existait dans le pays il y a quelques années encore. C’est la preuve qu’il veut abolir la Constitution et le suffrage universel.

Un journaliste français dans une émission du soir a rappelé que Lula au Brésil avait gagné de justesse, et que si Bolsonaro se présentait à de prochaines élections sous contrôle international, il pourrait être réélu, et le journaliste proposait le remède, jeter Bolsonaro en prison. Pour “défendre la démocratie”. Et le journaliste ne semblait pas voir l’absurde monstruosité de ses propos.

Merveilleuse époque.

Aux Etats-Unis, il reste du pluralisme dans les médias, et sur Fox News, sur Newsmax, des journalistes expliquent ce qui se passe vraiment au Brésil. En France, on pratique le pluralisme à la française : ceux qui détestent Bolsonaro dialoguent avec ceux qui exècrent Bolsonaro, et ceux qui adorent Lula dialoguent avec ceux qui aiment passionnément Lula. Aucun journaliste français ne dit que Lula est passé par la case prison et a été condamné pour des motifs très graves. Lula est un ami de Poutine et soutient la destruction de l’Ukraine, mais ai-je besoin de le dire ? Vous l’auriez aisément deviné. Il soutient aussi la “résistance” palestinienne. Bolsonaro soutient l’Ukraine et est un ami de Binyamin Netanyahou. Un vrai fasciste, vous dis-je !

J’ajouterai que le Parti libéral de Jair Bolsonaro a gagné les élections législatives (c’est plus difficile de tricher aux élections législatives) et constitue le principal groupe politique au parlement brésilien. Lula envisage-t-il une loi pour le dissoudre ? Dans le contexte actuel, si cela se produisait, je ne serais pas surpris.

Le chroniqueur conservateur Dennis Prager aux Etats-Unis avait comparé ce qui s’était passé au Capitole le 6 janvier 2021 à l’incendie du Reichstag le 27 février 1933 à Berlin. La comparaison peut s’appliquer à ce qui s’est passé 8 janvier à Brasilia.


© Guy Millière pour Dreuz.info.


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