L’HERMAPHRODISME : UNE ANOMALIE SEXUELLE

Cette vidéo donne la parole à un médecin qui opère des nouveaux nés atteint de cette malformation congénitale. On peut corriger la malformation, avec des traitements médicaux, et à partir de l’âge de 5 mois avec la chirurgie. Les chromosomes définissent le sexe de l’enfant, et l’opération est donc faite en ce sens. Il n’est pas question de changer de sexe. Il est question de corriger une anomalie.

Il existe également des personnes qui naissent réellement avec les deux sexes. C’est très rare.

Ce phénomène n’est pas nouveau, et a toujours existé. Dans les temps anciens, il était impossible de réaliser une opération pour redonner à l’enfant son véritable sexe, mais il semble que les hermaphrodites étaient autrefois très respectés

Une tombe vieille de 1000 ans pourrait abriter les restes d’une personne « non-binaire » de haut rang

Longtemps, les archéologues ont pensé que les pratiques funéraires dans les sociétés antiques et moyenâgeuses étaient strictement définies en fonction du sexe des défunts, les objets et artefacts placés aux côtés des dépouilles dépendant à la fois de la fonction et du sexe. Cependant, certaines découvertes effectuées au cours des dernières années sont venues remettre en cause cette hypothèse.

Récemment, une équipe d’archéologues a étudié une tombe finlandaise vieille d’un millénaire abritant des bijoux et des vêtements de laine, typiques des costumes féminins de l’époque. Cependant, la tombe contenait également une épée, qui est généralement un artefact masculin. L’analyse génétique des restes humains a révélé l’existence d’un syndrome de Klinefelter (chromosomes XXY), mêlant attributs féminins et masculins. Cette découverte pourrait signifier que les questions d’identité de genre — et les personnes non-binaires — étaient respectées dans les sociétés anciennes.

L’analyse moderne d’une tombe vieille de 1000 ans en Finlande remet en question les croyances de longue date sur les rôles des genres dans les sociétés anciennes et peut suggérer que les personnes non-binaires étaient non seulement des membres acceptés, mais respectés de leurs communautés.

Une combinaison d’attributs funéraires inhabituelle

Selon une étude évaluée par les pairs publiée dans la revue European Journal of Archaeology, l’analyse de l’ADN des restes d’une tombe de la fin de l’âge du fer à Suontaka Vesitorninmäki à Hattula, dans le sud de la Finlande, pourrait avoir appartenu à une personne de genre non binaire de haut rang. Découverte pour la première fois en 1968 lors de travaux de construction, la tombe contenait des bijoux en forme de broches ovales ainsi que des fragments de vêtements en laine suggérant que la personne décédée était vêtue d’un costume féminin typique de l’époque.

Mais exceptionnellement, la tombe contenait également une épée sans garde placée sur le côté gauche de la personne, avec une autre épée, probablement déposée à une date ultérieure, enterrée au-dessus de la tombe d’origine — des accessoires plus souvent associés à la masculinité. Pendant des décennies, les archéologues ont supposé soit que deux corps, un homme et une femme, avaient été enterrés dans la tombe de Suontaka, soit que c’était la preuve que de fortes femmes dirigeantes, même des femmes guerrières, existaient au début de la Finlande médiévale.

Photo des deux épées et des bijoux retrouvés dans la tombe. © Ulla Moilanen et al. 2021

« L’individu enterré semble avoir été un membre très respecté de leur communauté. La dépouille a été déposée dans la tombe sur une douce couverture de plumes avec des fourrures et des objets de valeur », explique l’auteur principal de l’étude, Ulla Moilanen, archéologue à l’Université de Turku.

L’existence d’un syndrome de Klinefelter

L’analyse de l’ADN, cependant, a montré que la tombe ne contenait que les restes d’une seule personne — et qu’elle souffrait du syndrome de Klinefelter. Habituellement, une femme a deux chromosomes X (XX) et un homme a un X et un Y (XY). Dans le syndrome de Klinefelter, un homme nait avec une copie supplémentaire du chromosome X (XXY).

Les hommes atteints du syndrome, qui touche environ 1 homme sur 660, sont encore génétiquement des hommes et ne réalisent souvent pas qu’ils ont le chromosome supplémentaire, mais la maladie peut provoquer une hypertrophie des seins, une atrophie du pénis et des testicules, une faible libido et l’infertilité.

Les chercheurs finlandais ont averti que les résultats de l’ADN étaient basés sur un petit échantillon et que seul un nombre relativement petit de séquences génétiques pouvait être lu, ce qui signifie qu’ils devaient s’appuyer dans une certaine mesure sur la modélisation. Mais ils expliquent que sur la base de leurs données, il est probable que le corps dans la tombe de Suontaka ait bien les chromosomes XXY. L’enterrement de haut rang les a amenés à conclure que la personne avait pu être identifiée comme en dehors des divisions traditionnelles entre les sexes.

« Le contexte général de la tombe indique qu’il s’agissait d’une personne respectée dont l’identité de genre n’était peut-être pas binaire », écrivent les chercheurs. Si les caractéristiques du syndrome de Klinefelter étaient évidentes, indique Moilanen, la personne « n’aurait peut-être pas été considérée strictement comme une femme ou un homme dans la communauté du début du Moyen Âge. L’abondante collection d’objets enterrés dans la tombe est la preuve que la personne était non seulement acceptée, mais aussi valorisée et respectée ».

Mieux comprendre l’identité de genre dans les sociétés anciennes

La découverte remet en question l’idée que « dans l’environnement ultramasculin de la Scandinavie médiévale précoce, les hommes avec des rôles sociaux féminins et les hommes vêtus de vêtements féminins étaient non respectés et considérés comme honteux », expliquent les auteurs.

L’individu peut également avoir été acceptée en tant que personne non binaire « parce qu’elle occupait déjà une position distinctive ou sécurisée dans la communauté pour d’autres raisons », comme venant d’une famille riche ou influente, ou le fait d’être un chaman.

Les paléogénéticiens et les universitaires experts en analyse d’ADN ancien ont majoritairement déclaré que l’étude était « convaincante » en montrant que la personne enterrée à Suontaka était probablement non-binaire. Les archéologues et les historiens ont également soutenu les conclusions, affirmant qu’il était « excitant » de voir de nouveaux travaux portant sur les questions de genre et d’identité. Leszek Gardeła du Musée national du Danemark a déclaré que l’étude montrait que les sociétés du début du Moyen Âge « avaient des approches et des compréhensions très nuancées des identités de genre ». (source)

Ce que cela signifie d’être une personne intersexe

Une personne intersexe est née “sans pénis ni vagin”. Environ un bébé sur 2000 naît intersexe.

La meilleure manière de l’expliquer est quelqu’un qui est né avec une anatomie sexuelle atypique”, explique au HuffPost américain Elizabeth Reis, professeure en études de genre. “Leurs appareils génitaux peuvent avoir l’air différent, ou pas -parfois ils ressemblent à ceux de n’importe quel garçon ou fille. Ils peuvent ne pas découvrir qu’ils sont intersexes avant la puberté parce que c’est leur anatomie reproductive interne qui est atypique.”

Comme l’explique Elizabeth Reis, il existe de nombreuses formes d’intersexualité, chaque personne intersexe pouvant avoir des caractéristiques différentes.

Souvent confondues avec les “hermaphrodites”, les personnes intersexes n’ont pas deux sexes en état de fonctionnement. Elles peuvent également être confondues avec les personnes trans, qui ne se sentent pas en accord avec leur genre de naissance.

“Les trans sont en demande d’opération ou de changement de perception sociale de leur genre”, explique Vincent Guillot, fondateur de l’Organisation internationale des intersexes (OII). “Nous, on veut juste qu’on laisse nos corps tranquilles: on ne touche à rien tant que la personne n’est pas en capacité de s’autodéterminer”.

Les opérations considérées comme des mutilations

En effet, bien souvent, les médecins décident d’orienter le nourrisson vers un genre ou l’autre. (Voir vidéo ci-dessus). Et cette orientation passe par une opération chirurgicale que, bien sûr, l’enfant ne décide pas, ce qui dans le cas du nourrisson semble être une évidence.

La France a été condamnée à trois reprises en 2016 par l’ONU pour ces opérations faites sur des enfants afin de leur attribuer un sexe masculin ou féminin.

Début mars 2017, des sénateurs rendaient public un rapport demandant à ce que soient reconnues et indemnisées les souffrances des personnes intersexes. “Pour certains, les traitements chirurgicaux et/ou hormonaux ont été vécus comme des tortures”, soulignait la sénatrice écologiste Corinne Bouchoux, corapporteuse de ce rapport intitulé “Variations du développement sexuel: lever un tabou, lutter contre la stigmatisation et les exclusions”.

Quelques jours plus tard, lors d’une cérémonie à l’Elysée, François Hollande estimait que “l’interdiction des opérations chirurgicales subies par des enfants intersexes, de plus en plus largement considérées comme des mutilations”, était un “combat à mener”.

La mode du Non-binaire

Une personne qui ne se sent ni homme, ni femme, ou se sent justement les deux, est dite «non-binaire». Quelqu’un de non-binaire ne se sent pas du genre précis qu’on lui a assigné à la naissance, et ne rentre donc pas dans la binarité de genre homme/femme.

Ce n’est pas une malformation. C’est une idéologie.

De nombreux jeunes se disent non binaires, ou gender fluids. Ni homme, ni femme, entre les deux…Bousculant notre conception stéréotypée du genre.

Charlie, 16 ans, cheveux courts, maquillé.e, parfois, ongles vernis, toujours. À l’âge de 14 ans, Charlie, née fille, ne se reconnaît plus, ni dans un genre, ni dans l’autre : “le mien est plutôt fluide, entre homme et femme. Je dirais que je suis non binaire. Etre un homme, ou une femme? Pour moi cela ne veut rien dire.”

C’est pourtant quelque chose de courant chez les adolescents.

Une amie me disait :

“A 14 ans, j’adorais me faire passer pour un garçon, j’avais les cheveux courts, je m’habillait en garçon, je me bandais les seins car ils étaient proéminents, et je marchais en sifflotant et en roulant des épaules… Pourtant, très vite, à 17 ans, j’ai su que j’étais bien une femme, pas du tout lesbienne, et j’ai fini par me marier et faire des enfants. Pour moi ces petites expériences menées à l’âge de 14 ans n’étaient qu’un jeu et une façon amusante de tromper son monde.

Bien sûr, j’avais aussi l’impression que dans ce monde, il était plus facile d’être un homme, que les femmes n’avaient pas le beau rôle, que la parité n’existait pas. En faite, je ne voulais pas être un homme, je voulais simplement, avoir comme eux, tous les droits… C’est, un sujet dont on pourrait parler des heures, car personne ne peut nier que les mentalités avancent lentement…

Aujourd’hui, il est devenu interdit d’appeler son enfant “ma fille”, si elle a décidé qu’elle est un garçon, on peut même aller en prison pour ça. Par contre, quand une femme de 50 ans rencontre un homme de 30 ans, c’est toujours mal vu et ils sont la risée de beaucoup. Mais si un homme de 50 ans sort avec une fille de 30 ans ou même de 20 ans, on dira de lui, qu’il est un bel homme, séduisant….

Le monde n’a pas changé sous prétexte qu’on a accordé des droits aux personnes transgenres… C’est toujours le même monde, qui veut qu’une femme, née femme et qui se revendique comme femme, n’a encore pas les mêmes privilèges que les hommes et les personnes LGBT+. 

Si l’on creuse un peu, on peut se rendre compte, qu’au cours de l’histoire, être une femme a souvent été considéré comme une anomalie… “

Mais, revenons à Charlie…

Selon une étude YouGov, 14 % des 18-44 ans, et 8% des plus de 44 ans se considèrent non binaires. On parle donc aujourd’hui de fluidité, d’une infinie nuance des genres, de gender fluids.

En quête de son identité

Troublée par ce corps et ce genre qui la dérangent, à 14 ans, Charlie veut comprendre l’origine de son tourment intérieur. Et commence à chercher des réponses à ses questionnements sur internet :

“je suis allé.e sur les plateformes de personnes transgenres. Au début, je me suis dit “peut être que je suis un garçon”. Et en continuant mes recherches, je suis tombée sur le terme non binaire. Et peu à peu je me suis rendu.e compte que c’était probablement ce que je ressentais, et que je n’étais pas seul.e à traverser cela.”

Selon l’anthropologue Maud Yeuse Thomas :

“internet a joué un rôle considérable en propulsant les subcultures minoritaires de genre , en offrant à ces groupes un « territoire en ligne » s’ajoutant et contestant le modèle binaire.” Facebook propose plus de cinquante options d’identité de genres…

Charlie se dit transgenre, car son identité de genre est différente de celle qui lui a été assignée à la naissance. Et, de fait, se reconnaît pleinement dans la communauté LGBT+.

Dans sa chambre trône un drapeau Arc-en-ciel. Une bannière rassurante:

“cela m’apporte beaucoup de joie. Cela fait me fait penser aux bons souvenirs de la Gay Pride de l’an dernier. Personne ne se connaissait, mais savoir qu’on avait tous un lien qui nous rapprochait me donnait un sentiment de sécurité.”

Dans sa quête d’identité, Charlie se laisse emporté.e, et porté.e, par des stars anglo-saxonnes qui incarnent des rôles modèles, comme les chanteurs anglais Harry styles, Yungblud, ou Sam Smith, officiellement non binaire :

“avoir des idoles, qui soutiennent la communauté LGBT+, dont les personnes non binaires, renforcent notre capacité d’acceptation de notre identité.”

Une idéologie issue de la PoP Culture

“La pop culture a aussi joué un rôle primordial dans l’explosion des revendications des personnes non binaires, explique l’anthropoloque Maud Yeuse Thomas. Elle incarne une sensibilité parfois en avance sur son temps. Le fait que cela passe par des canaux artistiques lui confère par ailleurs, cette aura de liberté qui n’a d’autre contrainte que d’assumer cette liberté. Un chanteur comme Bowie, un mouvement musical comme la culture gothique et new-wave a véhiculé une aura d’androgynie. “

Des parents bienveillants et compréhensifs

Le cheminement de Charlie prend du temps. Non binaire, mais aussi gender fluids, ou transgenre. Les mots se bousculent. Mais tout est encore flou dans sa tête, et dans son corps :

“Je me suis dit qu’en en parlant à mes parents, ça allait peut être m’aider. Car j’étais certain.e que, eux, n’auraient pas de problème avec ma nouvelle identité.

Au début, ils étaient encore plus perdus que moi. Je ne savais plus trop où donner de la tête car il fallait que je me trouve moi et que je réponde à leurs questions.”

Pendant quelques jours la famille est perturbée :

” la première réaction de ma mère a été de sortir son ordinateur pour qu’ensemble, on tente de comprendre ce que je ressentais. Papa m’a lui posé beaucoup de questions. C’était des réactions plutôt bienveillantes.”

Isabelle et Yves, les parents de Charlie ont pris du temps pour comprendre. Mais ils ont tout de suite accepté sa nouvelle identité :

“leur en avoir parlé, le fait qu’ils m’acceptent comme je suis m’a beaucoup aidé.e à m’accepter moi-même.”

Finalement, après seulement six mois de recherches et de réflexions, Charlie est enfin sûr.e de sa nouvelle identité : non binaire. (reportage France 3)


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